Tientos de erótica celeste: Sobre el diario parpadeo (ca. 1970s) – José Val del Omar

Sobre el diario parpadeo, todo marchitándose y todo naciendo
en un tiempo sin contorno
muerte y resurrección en pálpito incesante.
Un hervor pretende edificar lo eterno sobre la superficie de un río.
Precipitada ebullición
acelerada asfixia del alma en agonía.
Ser y no ser, eso es estar ahogándose, en permanente desgarro,
un pasar desesperado.

Sobre el torrente flota algo inmutable, suspenso…
como en un espejo he visto mi tiempo fluido
sobreimpreso, en un estanque.

Nieve, espuma, hervor y nieve
en pura cohesión de gota de rocío.

He visto una pizca de Dios en campo eléctrico.

José Val del Omar : le cinéma à l’image du son

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Le cinéaste andalou José Val del Omar (1904-1982) réalise entre 1953 et 1961 ce qu’il nommera par la suite son « triptyque élémentaire d’Espagne ». Il s’agit d’une série de trois court métrages ayant chacun pour sujet un élément associé à une région espagnole :  l’eau et Grenade dans Aguaespejo granadino (1955), le feu et Castille dans Fuego en Castilla (1960), la terre et Galice dans Acariño galaico (1961-1982). Grâce à ces trois films, José Val del Omar est aujourd’hui salué comme l’une des figures les plus originales du cinéma espagnol1. S’ils sont notables pour leurs innovations visuelles (à l’emploi déjà rodé dans l’avant-garde filmique de l’anamorphose, du ralenti, de l’image figée, de l’inversion négative, viennent s’ajouter des techniques mises au point par le « cinématurge », tel qu’il aimait à se désigner2 : la « tactilvision » et le « débordement apanoramique de l’image », sur lesquels nous reviendrons plus en détail), ils sont tout aussi inventifs sur le plan sonore, les deux domaines étant plus que jamais solidaires.

Le son est central dans l’oeuvre et dans la carrière de Val del Omar : après avoir tourné, dans le cadre des Misiones Pedagogicas3, de nombreux films documentaires4 dont subsistent actuellement Estampas 1932 (1932), Fiestas cristianas y fiestas profanas (1934), Vibracion de Granada (1935), qui préfigure déjà Aguaespejo par son thème et son esthétique plus libre, et dans une sphère moins publique, Pelicula familiar (1938), Val del Omar se tourne vers la radio. La décénnie suivante sera une intense période d’activité sonore5 : après avoir mis en place en 1939 le premier circuit de radio « périphonique » à Valence, composé de trente-cinq terminaux publics, il fonde l’année suivante, dans cette même ville, Radio Mediterraneo avec Vicente Escriva. En 1942, il projette de créer la Corporacion del Fonema Hispanico, service d’enregistrement et de diffusion de programmes radiophoniques destinés à circuler dans le monde hispanophone. Il invente en 1944 la Diaphonie, système d’enregistrement et de diffusion pour lequel il met au point sa propre bande magnétique. En 1946  il intègre Radio Nacional de España, construit l’Atril del Fonema Hispanico (Pupitre du Phonème Hispanique), magnétophone à quatre pistes, pouvant réaliser des enregistrements jusqu’à une durée de quatre heures et avec quatre vitesses différentes. Il met au point cette même année le système Ecogeno permettant de produire des réverbérations dans les bandes magnétiques. Il crée en 1948 l’appareil stéréophonique Diamagneto binaural, et le premier laboratoire expérimental d’électro-acoustique au sein de la radio espagnole (Radio Nacional de Espanã). Entre 1949 et 1950, il réalise une quinzaine d’enregistrements pour un échange de programmes radiophoniques entre les pays au sein de l’Instituto de Cultura Hispanica. Il réalise notamment en 1949 le premier enregistrement stéréo de El amor brujo de Manuel de Falla. Cette période d’expérimentation et de labeur culmine dans la réalisation de l’Auto sacramental invisible (El mensaje diafonico de Granada), installation sonore avant l’heure, conçue pour deux canaux et huit haut-parleurs, intégrant également une scénographie lumineuse, qui fut présentée à l’auditorium de  l’Instituto de Cultura Hispanica en 1952. Cette oeuvre préfigurerait, par son thème et son esthétique, le premier volet du triptyque élémentaire.

A propos de ces trois films, Val del Omar écrira : « quasiment muets, ils invitent à la stupeur d’un cinéma sonore6 ». Si cela nous semble une très belle définition de Fuego en Castilla et d’Acariño galaico (film que nous laissons de côté dans cette étude, puisqu’il ne fut jamais achevé par l’auteur, qui y travailla jusqu’à sa mort en 1982, et qu’en outre, les partis-pris sonores sont moins radicaux que dans les deux premières oeuvres), il convient de nuancer ce propos dans le cas d’Aguaespejo granadino, qui accorde une place prépondérante à la parole poétique.

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Iconographie de Fuego en Castilla (José Val del Omar, 1960)

Entre 1957 et 1960, José Val del Omar réalise Fuego en Castilla, tourné à Valladolid et notamment dans le Museo Nacional de Escultura, dont il anime les statues par une technique d’éclairage très élaborée qu’il baptisera « tactilvision ». Il a parfois eu recours à des miroirs pour filmer certaines séquences, ce qui explique les inversions que l’on constatera sur quelques unes des images qui suivent.

Piedad, Anonyme (1406-1415)

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La Muerte, Gil de Ronza (1522) 

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Salomé (1978) de Pedro Almodóvar

Avec Folle…folle…folleme Tim!, Salomé est un des premiers films de Pedro Almodóvar et même s’il n’a rien à voir avec la Salomè (1972) de Carmelo Bene parce qu’il situe l’histoire à la campagne plutôt que dans des décors en studio, on retrouve tout de même le kitsch qui caractérise le style des deux cinéastes dans le générique de ce court-métrage.

 

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